Ex voto

Publié le par junilau

Que ce passe-t-il ce soir là dans le manoir d'Anteroche?

Les serviteurs sont silencieux, les maîtres de maison semblent avoir disparus.

C'est que, dans une chambre reculée, git un enfant, l'héritier de la noble maison, sa mère c'est évanouie, on l'a emmené, son père reste là, les yeux agards, sans un pleur, sans une larme. Il contemple son fils unique, son héritier, le porteur de tout ses espoirs.

Ils l'aimaient plus que leur propre vie et dieu le leurs a enlevé.

Sa mère, brisée par l'émotion, est revenu prier à ses côtés, elle reste sans bouger, plongée dans ses prières. A minuit, on entend au loin, sonner les cloches de Saint-Gal. Un frémissement la parcours, comme si une pensée venait de traverser son esprit.Elle se lève, contemple l'image du Christ, parle à voix basse à un serviteur qui sort.

Un peu plus tard, un religieu entre, c'est le frère Bonneaventure, un Saint pour les habitants de la règion.

La comtesse s'approche, le prend par la main et le guide jusqu'au lit mortuaire.

Le moine dit : " Que la volonté de dieu soit faite" et marque d'une croix le front de l'enfant.Il a compris l'espérance de la pieuse mère, et bien qu'un tel miracle de ses mains l'effraya, une inspiration divine le pousse auprès de Celui qui a brisé la mort.

Il se recueille un instant. La comtesse, entre espérance et crainte, l'âme tounée vers Dieu implore de toutes ses forces la clémence divine.

Le moine se lève :

Seigneur, vous qui avait ressuscité le fils de la veuve NaÏm, faîte qu'à la voix de votre indigne serviteur ce petit être que votre main a frappé revienne à la vie, en récompense de la foi de ceux qui le pleurent"

Pendant que le moine trace de nouveau le signe de croix sur le front de l'enfant, celui-ci ouvre les yeux et tend les bras vers sa mère.

Avant d'embrasser son fils, la comtesse le fit mettre à genoux et pria avec lui au milieu des larmes de bonheur de l'assistance.

La joie était de nouveau entrée dans le manoir.

Pour perpétuer le souvenir de ce bienfait, la maison d'Anteroche fit exécuter un tableau représentant la résurrection.

Cette peinture fut placée dans une chapelle construite pour l'abriter dans l'église de Saint-Gal. Lors d'un incendie qui dévora l'édifice en 1855, l'ex-voto fut miraculeusement préservé. Il est aujourd'hui dans la chapelle de Murat pour témoigner de la foi d'une mère.

Sources : Légendes d'Auvergne par Ludovic Soubrier

Publié dans Contes et légendes

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